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Pour rencontrer l’Amour vrai : sortir de la logique délétère du « Rencard » et rajouter du collectif et de l’amitié dans le processus de formation des couples

« Salut… On n’a rien à se dire… On se note? (puis on s’accuse?) »


 

Depuis quelques jours, grâce à mes amis célibataires (homos ou pas, peu importe), je suis en train de réaliser certaines choses importantes sur la formation des couples d’aujourd’hui, sur l’organisation contemporaine des rencontres amoureuses, qui dépassent largement le procès facile pour « incompétence à s’engager ou à aimer » que l’homme et la femme sont tentés de se faire l’un à l’autre, ou que même le fidèle catholique pourrait attenter à son Église.
 

C’est le concept même du RENCARD, fomenté et facilité par les nouvelles technologies, les réseaux, les sites de rencontres, et même les sites pornos, que je remets en cause, et qui à mon avis fausse tout. Pourquoi ? Parce qu’il cristallise la rencontre amoureuse sur un enjeu sentimental ou sexuel immédiat, impérieux, surévalué, et sur le face-à-face solitaire entre deux personnes isolées qui doivent nécessairement se plaire tout de suite, « matcher », « être compatibles », se mettre en couple, voire coucher ensemble, « sinon ça ne va pas, et au revoir ! ». Plus de place au temps, au jeu, à l’entourage, au dialogue ou à la rencontre humaine désintéressée, à un enjeu plus léger, à un cadre plus collectif, ludique, sociabilisant et informel (groupe d’amis, bals ou fêtes du village, associations, rallyes, groupes de prière, et même les speed-datings, la Saint Valentin et les jeux de télé-réalité…), qui décentrerait le couple de lui-même et lui permettrait de se détendre. Plus de participation/intervention/ingérence de la collectivité, de la famille ou des amis, pourtant précieuse, fondamentale et rassurante dans certains cas, dans la constitution des unions amoureuses.
 

Par la progressive imposition tacite d’un seul modèle de formation des couples – « le rencard » (ou « le chat » ou « le date » ou « le verre » ou « le plan ») –, Internet et le téléphone portable ont non seulement désincarné/déshumanisé la rencontre humaine informelle à visée amoureuse, mais ont généré une angoisse, un tribunal et une atomisation du couple (un « individualiste à deux »), terrifiants. Tellement terrifiants qu’ils poussent certains au pire au suicide, au mieux à un célibat malheureux et stressant. Alors qu’il suffirait d’avoir le plaisir d’organiser des dîners ou des week-ends « de célibataires » ensemble, de sortir les gens des applis, des téléphones, et j’ose même dire des assemblées chrétiennes désormais surféminisées et désertées par les hommes, pour sortir de ce cauchemar et régler la profonde crise actuelle de la différence des sexes, de l’Église et de l’engagement. Rajouter du collectif et de l’amitié au couple ! Comme par le passé.

Vortex : la série qui autorise l’homicide (et ça ne choque personne)


 

J’ai regardé la série (à succès) « Vortex » (avec Tomer Sisley – dans le rôle de Ludovic – et Camille Claris – dans le rôle de Mélanie) sur France 2. Car j’ai remarqué que le thème de la machine à remonter le temps, le scénario à la « Retour vers le Futur », était très en vogue en ce moment. Hasard du calendrier du PAF ? Les téléfilms français Vortex et Année Zéro ont été diffusés exactement aux mêmes dates sur deux chaînes concurrentes : France 2 et M6 ! Sans doute qu’en ce moment, dans le Gouvernement Mondial, ça s’active pour ressusciter le passé et le rendre plus réel que possible grâce aux progrès de la science et même à l’entremise des âmes défuntes sans repos et aux démons (« incarnés » sous forme d’hologrammes).
 

J’avais déjà été familiarisé, quand j’étais ado, à la thématique des uchronies (à savoir des voyages dans le temps où des événements historiques connus se produisent différemment de la version de l’Histoire officielle), des « mondes parallèles » ou de la « réalité multidimensionnelle », en suivant les séries de science-fiction nord-américaines La Quatrième Dimension (1959-1964) et Sliders (1995-2000). Et bien sûr, grâce à la trilogie des « Retour vers le Futur » de Robert Zemeckis.
 

Mais je trouve qu’avec les séries actuelles, notamment françaises, les intrigues se sont complexifiées, voire perverties dans les messages renvoyés. Car quand elles se mettent à justifier l’homicide (justicier, vengeur et « réparateur » du passé, donc ensuite, du présent), au nom de la légitime défense ou de l’évitement d’une catastrophe et de meurtres en série, on n’est plus dans la gentillette visite-découverte de mondes improbables (genre « un monde dirigé par les femmes », ou « un monde sous l’ère glaciaire » ou « un monde de tornades » ou « un monde Far-West »…) ni dans la création/réparation rigolote et romantique d’un coup de foudre et d’un amour familial (où déjà des vies humaines sont en jeu) : on passe au cran au-dessus de la justification du meurtre dans le passé pour préserver l’équilibre du présent. En effet, dans Vortex, Mélanie tue – par prévention – Hector pour soi-disant sauver sa vie et celle de toutes les autres femmes que ce dernier aurait tuées après elle. Ce qui est, d’un point de vue moral, extrêmement grave. Même si les critiques et les spectateurs de la série Vortex, en général, n’y voient que du feu, valident cette escalade de la violence/vengeance en ne se basant que sur la happy end (Au final, les héros principaux ne meurent plus assassinés… bien que certains protagonistes troquent leur survie contre un emprisonnement, donc se sacrifient en contrepartie en finissant leurs jours en prison), sur le retour à une situation présente « légèrement modifiée » mais dite « ordonnée » et « équilibrée »…
 

Au bout du compte, la « morale » de l’histoire, c’est qu’on a le droit de tuer pour empêcher d’autres morts de se succéder/perpétrer. C’est aussi le déterminisme du non-pardon : Hector – et finalement tous les gens du passé – n’ont pas de place pour le repentir, puisque le présent est jugé supérieur au passé. Mélanie tue Hector dans le « nouveau » passé parce que dans le futur il lui a été annoncé comme un tueur en série. C’est le présent-futur qui dicte le présent-passé… et qui finit par tuer des gens : rien que les deux enfants d’Hector sont carrément rayés de la carte. Mais d’eux, qui s’en soucie ?
 

Ça dépasse la simple incohérence de scénario. C’est gênant moralement. On nous fait croire, en gros, qu’humainement nous pourrions retoucher tout (le temps, le réel, les gens, les événements, les circonstances…), que rien dans l’existence ne serait grave, fini, fatal ou irréversible (pas même la mort, pas même le meurtre), que nous pourrions créer l’Amour (en jouant les Cupidon), que nous pourrions – en défiant les lois de la finitude humaine – aimer plusieurs personnes à la fois (c’est le polyamour que Ludovic, dans Vortex, finit par vivre : il aime deux femmes en même temps de leur vivant, Mélanie et Parvana) ou procréer qui nous voulons (Ludovic doit sauvegarder à la fois sa fille Juliette – issue de son premier mariage – et son fils Sam – issu de son second mariage), que nous aurions droit de vie ou de mort sur le vivant et surtout sur l’Homme (Au passage, avec Vortex, on se situe vraiment dans le transhumaniste antéchristique : la preuve en est que – et c’est étonnant au regard de notre époque antispéciste – il n’y a aucun animal qui occupe une place dans l’intrigue – : la Bête s’est digitalisée puisque c’est le drone de la police qui s’appelle Rex). Le synopsis de la série reflète aussi un irrespect par rapport au passé, à la mémoire et à l’Histoire : on s’arroge le droit de les retoucher (autrement dit, de « réécrire l’Histoire », de « modifier le cours des choses à sa guise »), comme si on les jugeait imparfaits et nécessairement injustes : l’Homme contemporain se prend pour meilleur et plus juste que ses ancêtres, et même que Dieu.
 

Autre point important que je voulais aborder : il y a une énorme ellision, incohérence et inconnue du scénario de Vortex qui, pareil, passe pourtant crème, alors que c’est choquant et que ça aurait pu littéralement torpiller la vraisemblance, la crédibilité et l’efficacité de la série : c’est par quel mystère s’opère le voyage dans le passé et la rencontre entre les êtres du présent et ceux du passé (Ludovic et Mélanie sa femme décédée). Car bon, le lien entre la numérisation internet (ou l’algorithme prédictif et l’Intelligence Artificielle) et le retour au passé n’est pas super évident. Le saut vers le futur, pourquoi pas ? Mais le passé… Et en fait, on trouve la réponse à ce « prodige » non pas dans la technologie (comme c’eût été attendu) mais dans un romantisme et un sentimentalisme beaucoup plus basiques. En effet, c’est le sentiment qui permet le voyage dans le temps. Le sentiment – donc la subjectivité, la passion – commande au Réel. C’est-à-dire que seuls les personnages unis par l’Eros (mari et épouse, amants amoureux) ou le Philia (lien de filiation et de sang entre les parents et leurs enfants) parviennent à se voir dans la reconstitution 3D, et donc à voir les personnes aimées du passé/présent (D’ailleurs, le nom de famille des deux héros principaux est précisément « Béguin » : le sentiment est bien le connecteur temporel). Le numérique ne suffit pas. En plus du sentiment, ce sont aussi les égrégores (moments émotionnels collectifs forts, tout ce qui est censé avoir transporté émotionnellement l’Humanité) dont on a des traces filmées qui font le trait d’union transhistorique (c.f. Ce n’est pas un hasard que la Coupe du Monde 1998 soit vue comme un couloir du temps dans plusieurs fictions, notamment dans l’épisode n°90 « 1998-2018 : Retour vers le Futur » de la série Joséphine ange gardien), ainsi que finalement les liens spirituels – qu’on pourrait appeler « pactes sataniques » en réalité – puisque de plus en plus, les êtres humains, par la scientologique médiumnique et les technologies audiovisuelles, essaient de prendre contact avec les défunts non-ressuscités et les âmes damnées errantes et sans repos (ce qui est le cas de Mélanie dans Vortex, qui a une vengeance/survie/deuxième chance à assouvir : elle n’est pas au Ciel).
 

Enfin, pour terminer, je voulais expliquer combien une série comme Vortex était, en ses fondements, complètement sexiste (et plus précisément misandre, donc anti-hommes et anti-pères) et inhumaine (et ce transhumanisme violent s’invisibilise et se fait oublier par l’entremise du thème –survolé – de l’homosexualité : d’ailleurs, ce n’est pas un hasard que le seul sujet qui crée le clash incompréhensible entre Juliette l’héroïne lesbienne et sa mère Mélanie soit la PMA et GPA ! Ça brouille littéralement la liaison spatio-temporelle et virtuelle mère-fille ! Le choc culturel et éthique est trop grand !). En effet, la misandrie est à tous les étages : à part peut-être pour Ludovic (et encore…), tous les hommes de la série sont des prédateurs, des criminels ou des gros beaufs qui « puent la transpi » (c.f. le gros commissaire poilu Le Goff, qui passe son temps à se donner un coup de déo). Il y a comme un problème dans le respect et la représentation symbolique des hommes aujourd’hui. Je découvre, à travers Vortex, que les velléités humaines de refaire le passé et de s’unir aux morts, font non seulement le mal, mais font le mâle mauvais.

Catholiques : cannibales, non ; anthropophages, oui

Nous, catholiques, sommes anthropophages (à savoir que nous mangeons de la chair humaine). Et nous devons l’assumer, non sans une certaine crainte et sentiment d’étrangeté, mais sans honte ni déni non plus. Cette anthropophagie est un aspect des plus complexes et déconcertants (c’est d’ailleurs à cause de celle-ci que Jésus, en son temps, a perdu les trois-quarts de ses disciples : Jn 6, 61) de la Foi chrétienne. Mais sans la prendre en compte, nous passons à côté de ce qui se passe à chaque messe.
 

1) Il faut distinguer cannibalisme et anthropophagie :
 

Le cannibalisme, c’est le fait qu’un être humain mette à mort un autre être humain encore vivant pour le dévorer, l’ingérer et le consommer. Alors que l’anthropophagie, c’est l’ingestion humaine d’un être humain qu’on n’a pas tué, qui a trouvé la mort accidentellement ou par une tierce personne, ou bien, dans le cas de Jésus, qui est mort et ressuscité et se donne volontairement à manger par Amour, pour que nous vivions et pour que nous devenions Lui (Jn 6, 56). Donc la seconde n’a quasiment rien à voir avec le premier (même si, par nos péchés, nous, Humains, avons contribué et contribuons encore à la mise à mort de Jésus Corps-mystique). Je pense par exemple au cas très exceptionnel d’anthropophagie qui a eu lieu en décembre 1972 (le crash de l’avion de l’équipe des rugbymen uruguayens dans la Cordillère des Andes), qui a été dicté par la survie et la vie (et non la cruauté ou la volonté homicide), et qui donc n’est pas du cannibalisme.
 

 

2) Quand nous communions à l’Eucharistie, nous ne mangeons pas que le Corps mystique de Jésus :
 

Quand nous communions à l’Eucharistie à chaque messe, nous ne mangeons pas que le Corps mystique de Jésus : nous mangeons également sa chair humaine réelle. Donc nous posons un acte anthropophage. Jésus, pendant la transsubtantiation (changement du pain et du vin en la substance du corps du Christ), devient 3 choses : vraie chair (Fils), vrai pain (Père) et vrai Corps mystique (Esprit Saint). J’en tiens pour preuve les miracles eucharistiques (hosties tombées lors de la distribution, traces de sang ou de bouts de chair décelées après analyses…) qui ont jalonné l’Histoire de l’Église post-christique, et qui montrent que l’Eucharistie n’est pas qu’un symbole ou une entité angélique. C’est bien Jésus en chair humaine, un Jésus ressuscité ET mort, qui se donne. Ce n’est pas que le « Corps spirituel » (1 Cor 15, 44) dont parle saint Paul.
 
 

Je tenais à le dire, d’une part pour que nous puissions répondre aux accusations de cannibalisme dont nous pouvons faire l’objet, et d’autre part pour que nous prenions conscience de ce qui se passe à chaque messe et quand nous communions.

L’Homme de la Soirée (Récit de ma participation aux Grandes Histoires)


 
 
 

UNE PARTICIPATION REMARQUÉE

 

 

Jeudi 5 janvier 2023 dernier, j’ai participé à la scène ouverte des Grandes Histoires, dans le cadre bohème, cosy, convivial et alternatif, du Matreselva, salle située dans le 15e arrondissement de Paris. Si vous ne connaissez pas ce lieu atypique, allez-y. Il vaut le détour.

 

Jusque-là, rien d’exceptionnel. Ce qui aurait dû rester une banale intervention de 5 minutes sans grand enjeu pour moi, perdue au mieu de 19 autres passages sur scène programmés dans la soirée (Les Grandes Histoires sont une petite scène parisienne familiale, artisanale, mi-amateur mi-pro, sans autre prétention – apparemment – que l’expression libre, poétique, bienveillante, optimiste et généreuse de soi), a pourtant eu l’effet d’une bombe. Même si, pour le coup, il y a peu de chances que j’y revienne, et que ce fut sans doute ma première et ma dernière apparition.

 

En effet, j’ai été objectivement « l’Homme de la Soirée ». Sans exagérer. Ça a été une telle surprise et onde de choc pour l’auditoire et les organisateurs que tout le monde a parlé de moi et a quasiment retenu mot pour mot l’intégralité de mon speech (je suis passé en 5e position, donc en première partie de soirée). J’étais dans tous les esprits, les conversations, les bouches. Après mon allocution (que j’avais apprise par coeur pour l’occasion), quasiment la totalité des orateurs (une quinzaine) qui m’ont succédé s’adressaient à moi dès leur montée sur scène – parfois en mode « Tu es le Connard de la soirée : je te hais » – et faisaient référence à mon exposé consacré au narcissisme et à la Franc-Maçonnerie dans Les Grandes Histoires ! Comme un groupe qui faisait bloc pour me lyncher. C’est dire si j’ai lancé un pavé dans la mare.

 

Et le pire, c’est que certains ont été tellement piqués dans leur orgueil, réveillés et démasqués dans leur entreprise inconsciente que, loin de démentir le portrait au vitriol que j’avais dressé d’eux, l’ont confirmé par leur panique agressive et vengeresse, en mode « Ah bon ? Nous sommes narcissiques et francs-maçons ?! Eh bien puisque c’est comme ça, nous le serons puissance 1000 !!! ». En effet, beaucoup d’entre eux, parce que je leur ai fait ombrage, mais aussi pour exister et défendre leur carrière, ont fait encore plus leur promo à l’issue de leur passage qu’à la précédente soirée du 7 décembre 2022 (à laquelle j’avais assistée en prenant des notes).

 

Mais malgré leur riposte amère, je suis resté très rigolard et fair-play, acceptant les coups de griffes et les règlements de comptes/vexations. Car au fond, j’ai reçu beaucoup d’Amour. Et j’avais réussi mon coup : dénoncer les travers de ces soirées scène ouverte que personne n’ose critiquer tellement elles transpirent la gratuité, le risque, l’altruisme et la poésie. Et même si j’étais K.O. (comme un boxeur après un combat !) et que j’ai cru mourir de peur avant de me jeter à l’eau (À l’issue de mon passage, je me suis littéralement vautré sur mon groupe de 6 amis venus me soutenir !^^), même si on m’a symboliquement craché à la gueule, j’ai finalement raflé la mise.

 

Pour la petite histoire, pendant la première pause de la soirée, une femme trentenaire (une jeune et belle psychologue) est venue discuter avec moi pour me dire combien elle avait trouvé ma prise de parole pertinente et riche (ça a été ma plus belle consolation, mon plus beau cadeau, hormis bien sûr la présence de mes amis). Elle m’a raconté son expérience personnelle avec la Franc-Maçonnerie. Et j’ai vu qu’elle me croyait quand j’ai parlé de l’influence croissante de celle-ci dans notre Monde, puisqu’elle a été ponctuellement hôtesse d’accueil pour un rassemblement franc-maçon. Elle m’a d’ailleurs révélé qu’elle devait à l’époque scanner tous les pass sanitaires des participants, sauf celui du Grand Maître vénérable, car le contrôler eût été considéré comme un terrible affront (c’est donc la preuve que la plupart des puissants qui ont forcé la population à se faire « vacciner » ne se sont pas fait injecter eux-mêmes parce qu’ils étaient au courant qu’il s’agissait d’un poison. Je ferme la parenthèse).

 

 

POURQUOI JE M’INFLIGE ET J’INFLIGE ÇA ? (#VraieQuestion)

 

Ce n’est pas la première fois de ma vie que je « casse l’ambiance », que je bouscule les codes de bienséance et des assemblées (ou, si vous préférez, que je secoue le prunier, rue dans les brancards, donne un coup de pied dans la fourmilière, ou suis le chien dans un jeu de quilles), que j’endosse aux yeux de certains le rôle d’« orateur à craindre et à la langue de feu », de « trublion », de « polémiste », de « provocateur », de « fouteur de merde » (et de « fouille-merde »), de « franc-tireur », de « diva impitoyable et pitoyable », voire de « diable incarné » (et ses dérivés : « homophobe », « extrémiste », « dangereux », « fou », « malade psychiatrique », « criminel », etc.) : je pense par exemple à certaines corrections fraternelles « qui déménagent » que j’ai pu faire, à des lettres que j’ai écrites au sein de ma famille, à des prises de position tranchées et originales sur des sujets tabous, à mon approche critique désarçonnante (certains profs de fac me craignaient quand je levais la main dans un amphi et demandais la parole), à certaines de mes chroniques radio décapantes à Homo Micro, à mon témoignage sous haute surveillance et ayant cristallisé toute l’attention des médias espagnols à Barcelone en février 2017, à mes vidéos-clips déconcertants (dont on ne sait pas si c’est du lard ou du cochon…), et bien sûr dernièrement, à ma participation aux Grandes Histoires. Mais pourtant, les seuls qualificatifs qui me vont vraiment, c’est plutôt : « Enfant Terrible » (selon les propres termes du prêtre jésuite nord-américain de Courage International Fr Peter F. Ryan, à mon encontre), « empêcheur de tourner en rond », « celui qui met les pieds dans le plat », « électron libre »…

 

J’insiste pour dire que lors de mes prises de position, mes échanges avec les autres, ou mes apparitions publiques, je n’ai pourtant jamais été un provocateur. Ni en intention, ni dans les faits. Ni dans l’image (politiquement correcte ou incorrecte). Car je n’aime pas détruire, rabaisser ou blesser quiconque. Je n’aime pas le scandale. Et je suis attaché à la délicatesse, à la nuance, à l’amour de tous. Simplement, je pense être un esprit libre, qui veut surprendre et à aller au fond des choses, parfois en prenant le contre-pied de certaines évidences ou fonctionnements sociétaux moutonniers (ou de mes propres fonctionnements), pour chercher la nuance et la liberté, et sans cesse me mettre moi-même en danger. De plus, je pense avoir le nez creux pour détecter, traiter et déterrer/ressusciter les sujets qui fâchent mais qui en même temps passionnent, attisent la curiosité et les passions d’un maximum de monde, et touchent aux tréfonds de l’âme humaine et du Monde (c’est le cas de l’homosexualité, de la Franc-Maçonnerie, de l’Apocalypse, du « vaccin » contre le COVID, du diable, de Jésus, je trouve).

 

Il y a dans mes analyses et prises de parole bien plus qu’une irrévérence ou une insolence provocatrice et taquinante ou une audace ou une impertinence : ça tient de l’apparent « sacrilège », de l’apparente « mise à mort » verbale (privilège réservé uniquement à Dieu – qui seul juge, crée, et a droit de vie ou de mort sur les créatures), qui est en réalité, pour être plus juste, de l’ordre du sacrifice. D’ailleurs, lors de la soirée des Grandes Histoires, je me suis sacrifié et j’ai commis un sacrifice. Mon (auto-)sacrifice, pour être précis. Mon meilleur ami Abdallah, qui au départ comptait déclarer forfait et annuler sa venue, s’est forcé à venir me soutenir, car il a senti au téléphone que j’allais dire ce soir-là quelque chose de mortel : pas « mortel » dans le sens que ça donne la mort ou blesse ou humilie, mais dans le sens où ça pouvait être considéré comme tel, et que ça pouvait aussi me valoir aux yeux du Monde la mort, au moins symbolique ; et surtout « mortel » parce que ça serait « grand » dans le sens de « géant », de « puissant », d’« inédit », de « révolutionnaire », de « spectaculaire » et d’« osé ».

 

Et effectivement, en croquant Les Grandes Histoires par la description satirico-tendre, en m’y attaquant fraternellement, j’ai touché l’Intouchable ; j’ai critiqué l’Incritiquable. Car qui, avant moi, a osé s’en prendre à l’apparent courage et à l’apparente générosité des orateurs qui montent sur scène pour livrer une part d’eux-mêmes ? Personne ! Personne n’a le courage de critiquer le concept même des Grandes Histoires, la démarche, le sens et les fruits. Par conséquent, moi, aux yeux des concepteurs et des contributeurs de ces soirées, j’ai commis un sacrilège. Cette impression de sacrilège vient du caractère irréfutable de mon propos, irréfutabilité qui, mal comprise, a un côté implacable, accablant, luciférien, méchant : elle ressemble même à une mise à mort, à un sacrilège. Or, comme je viens de le dire, il s’agissait surtout et seulement d’un sacrifice.

 

La preuve en est qu’à l’issue de ma prise de parole, j’ai vraiment cru – je me répète – que j’allais mourir (émotionnellement et spirituellement parlant) ; et je me suis littéralement effondré sur mon groupe d’amis tellement ça m’a demandé un courage et une énergie de folie, et que j’étais sans force. Je ne tenais plus debout. Quentin, le maître de cérémonie, lui-même étourdi et dans un état de sidération, est revenu sur ce scène, à la fois pour annoncer l’intervenant suivant, mais aussi et surtout pour défendre ses soirées et leur esprit, et donc exercer une forme de « droit de réponse » à mon endroit et au portrait décapant des Grandes Histoires que j’avais fait (c’est à cette occasion que j’ai pu constater à la fois sa grande humilité et autodérision, mais aussi son ignorance de la différence – pourtant capitale – entre sincérité et Vérité : ignorance qui confirme qu’il monte une loge maçonnique sans même s’en rendre compte…).

 

Des fois, je me dis par rapport à moi-même ou à mes réactions (dans une forme de dédoublement schizophrénique) : « Pourquoi je suis comme ça ? », ou « Mais pourquoi je m’inflige ça ?? » ou « Pourquoi je me suis lancé là-dedans ?? », « Pourquoi je ressens cette urgence, ce devoir, cet appel à exprimer mon avis et à aborder des thèmes aussi incompris ou impopulaires, quitte à passer pour un fou ou un méchant et à me rendre détestable ?? ». Une part de moi aimerait être moins boulet de canon, moins tête brûlée, moins rentre-dedans, moins contestataire, ou moins frondeur. Mais une autre regarde avec amusement, fierté, étonnement, ce courageux joueur-combattant que je suis parfois, ce fou kamikaze, cet être atypique et exceptionnel, et ne changerait ce dernier pour rien au Monde.

 

Et, vous me croyez si vous voulez, mais le courage (pour la Vérité-Amour) dynamise énormément (même si, dans un premier temps, ça nous épuise et semble nous tuer ou nous entraîner vers la mort ou un ridicule irréversible ou une impopularité persistante). Ma participation aux Grandes Histoires m’a tué autant qu’elle m’a redynamisé. Après une telle prise de risque, tu n’as plus peur de grand-chose ! Ça te booste pour plusieurs jours voire plusieurs semaines ! Et cette émulation n’embarque pas que soi. Après mon allocution, j’ai vu que mon courage a poussé les autres participants des Grandes Histoires dans leurs retranchements, dans une auto-vigilance, et les a énergisés pour offrir un démenti concret à ma dénonciation, les a poussés à se surpasser ; et que dans les jours qui ont suivi, « mon exploit/ma folie » a aussi stimulé les rêves, les audaces, la confiance en soi, le courage, les projets de beaucoup de mes amis (y compris ceux qui n’ont pas pu assister aux Grandes Histoires).

 

Voilà pourquoi cet épisode rehausse en moi une conviction et un souhait que je souhaite à tout Homme qui entend défendre Jésus ou dénoncer une injustice ou porter une parole forte : dans l’idéal, que chaque chose qu’on dit publiquement nous vale l’impopularité par son authenticité, soit une prise de risque (liée à une Vérité : Jésus ; et à son Amour) tellement grande et surprenante qu’on pense mourir en la disant, ou qu’on soit haï au point que certains veuillent nous mettre à mort. Si ce n’est pas le cas, mieux vaut alors se taire et laisser parler les autres.

 
 
 

 

———————————–TEXTE PRONONCÉ LE SOIR DES GRANDES HISTOIRES———————————–

 

 

« JE PEUX ÊTRE FRANC AVEC VOUS ? »

 
 

Bonsoir. C’est ici, la Soirée « On chie dans son froc » ?

 

Je m’appelle Philippe Ariño. Alors je me présente, je suis :

Écrivain [enthousiasme]

Homo [enthousiasme]

De gauche [enthousiasme]

Pas vacciné [euphorie] On se calme.

Catho [déception exagérée]

 

Je peux être franc avec vous? Vous êtes SÛRS? Nan parce qu’en étant franc, vous allez peut-être me détester. Même que je ne vais pas pouvoir sortir de cette salle vivant. Ou que ça va déclencher une émeute. Parce que la franchise, ça a l’air cool, comme ça, mais en réalité c’est pas cool DU TOUT. Je chie dans mon froc, là ! Dire ses 4 vérités à quelqu’un, ou avoir cette prétention, ça peut blesser et même être diabolique, m’avait dit un jour un prêtre. Car c’est la Vérité sans Amour. Et ça, c’est très grave. Alors bien sûr, moi je vais essayer d’y mettre tout l’Amour du Monde. Mais bon, quand même…

 

Donc je me permets d’insister : vous voulez vraiment que je sois franc avec vous?

 

OK. Vous l’aurez voulu ! (Si non, vous verrez ça avec mon avocate : Isaline).

 

J’ai assisté à la dernière soirée Grandes Histoires. J’ai trouvé que c’était : 1 – narcissique ; et 2 – franc-maçon. Un festival de la Franchise, de la Sincérité. Sur ce, bonne soirée ! [simulation de départ]. Ah merde… maintenant, va falloir expliquer. Y’a pas moyen de… Bon, ok, je m’explique. « Me explico » comme on dit en Espagne.

 

Narcissique façon Amélie Poulain. Les Grandes Histoires, ça fonctionne toujours sur le même modèle : Je raconte mes goûts, en mode nostalgie voire dépression. Puis, pour quand même finir sur une touche positive et aérienne, je me tourne vers l’avenir, en mode exalté et rage de vaincre ! Puis Rideau. Et toujours, à la fin, Quentin, le maître de cérémonie, Jacques Pradel, apporte les mouchoirs en applaudissant cette tranche de vie « si courageusement partagée » et « si émotionnante ». (Mais je t’aime, Quentin).

 

Pour ceux qui ne me croient pas, j’ai pris des notes à chaque prestation du 7 décembre dernier sur toutes les références au narcissisme que j’ai entendues (du miroir apporté par tel participant, en passant par les champs lexicaux employés, en particulier spéculaires et aquatiques) : vous seriez sur le cul.

 

Et au piano, le « Narcissisme Grandes Histoires », ça donne ça ! (Musique, Maestro !) : Au départ, Martin Vigne joue toujours en mineur. Pour bien rajouter du pathos. Genre les Alcooliques Anonymes mais version publique et Cercle des poètes disparus ou Amélie Poulain.

 

Bonsoir. Je suis seul dans une foule. Je suis amoureux. Je me souviens. Je suis l’adulte qui parle au petit garçon ou à la petite fille que j’étais. Ou qui le fait parler à la 3e personne. Hommage vibrant à moi-même, à mes émotions, à mes souvenirs, à mes voyages. Je pleure ma douleur d’exister. Je me suis fait harceler à l’école. Je me suis faite violer. Ou larguer. Bref, je suis un écorché vif de la life.

 

MAIS (Et là, le piano s’accélère, s’emballe), je crois malgré tout en moi et en la Vie, en l’Univers, aux étoiles, toutes ces conneries ! J’aime malgré tout me balader pieds nus sous la pluie et casser avec ma cuillère la croûte caramélisée de ma crème brûlée. Je vais bien tout va bien. Je chante la vie. Je vis la vie. J’agis avec Engie. J’ose ! Il faut croire en ses rêves ! (Je vous remercie. J’ai été émouvante. « Inspirante ».)

 

Et enfin, le piano se calme. Arrive ma conclusion. Avec la répétition de mon mantra perso, de mon super slogan que j’ai asséné comme si c’était une grande leçon de vie universelle (alors que c’est juste de la merde zenifiée, égocentrique et développement personnel). Je me regarde dans le reflet embellissant de mon propre portrait ému. Et après mon allocution, je me fais féliciter au Bar du Monde par les babos de la Soirée qui ont trouvé notre chaîne d’Union verbale, énergétique et communionnelle « si forte » et « émouvante ».

 

Tiens, en parlant de chaînes d’Union (qui sont le propre des égrégores vécus en loge maçonnique), je vais vous dire pourquoi – et c’est mon second point – je trouve les Grandes Histoires très francs-maçonniques.

 

Alors pour la petite histoire, je n’ai pas assez de mes 10 doigts pour compter le nombre de mecs en Franc-Maçonnerie que j’ai rencontrés dernièrement et que j’ai démasqués en 5 minutes alors qu’ils le cachent même à leur conjoint. Rien qu’en les écoutant et en leur parlant de la série Joséphine ange gardien. Véridique !

 

Et aux dernières Journées du Patrimoine de Paris, en me rendant à la Grande Loge de France, la GLDF, j’ai tapé dans l’œil du guide qui n’était autre que le Grand Maître Vénérable, donc le n°1 de l’obédience en personne, qui incognito à l’issue de la visite m’a pris à part et m’a proposé de me parrainer pour que je rencontre dans sa loge.

 

Franchement, si je n’étais pas catho et ne croyais pas que Jésus est Dieu pour tous et pas seulement pour ceux qui y croient, j’aurais tout pour être le parfait initié franc-mac ! En réalité, je suis le premier narcissique, je suis le premier franc-mac’. On est tous Vache qui rit.

 

Et j’ai trouvé que les Grandes Histoires, toutes marginales et anti-System qu’elles se croient, sont complètement du System. Par le festival de la franchise qu’elles sont, elles sont même prêtes à accueillir à bras ouverts la prochaine Gouvernance Mondiale de l’Antéchrist (le diable qui va régner sur le Monde juste avant l’arrivée de Jésus) et qui nous pousse en ce moment à fond à « nous raconter », à « écrire nous-mêmes notre histoire », à « créer et partager des émotions ». À la soirée du 7 décembre, j’ai compté le nombre de fois que j’ai entendu l’adjectif « franc » et le mot « sincérité » : je me suis régalé… J’ai entendu plusieurs fois aussi l’éloge de la carrière, de la langue des oiseaux, de l’alchimie (et la Franc-Maçonnerie est basée spirituellement sur l’alchimie : la transformation du plomb en or) ! en revanche, je salue le courage de Sébastien qui nous a parlé d’alchimie, car certes il a reconnu faire partie de la Franc-Maçonnerie, mais au moins, il s’en rend compte, et il a dit qu’il voulait en sortir (« Moi, je ne veux pas transformer le plomb en or ! »). Les Grandes Histoires du 7 décembre, c’était une fête des loges qui s’ignore ! Ironie du sort : La famille Laugery avait 3 représentants sur scène ! On a même eu droit à la Marque de la Bête (décrite dans l’Apocalypse de saint Jean) ! « Un rond, un carré et les 3 bâtons : un chiot, ça donne de l’affection, non ? » C’était magique…

 

Donc en conclusion, moi je vous dis, les mecs : il va falloir nous RÉVEILLER. Moins de lyrisme « Moi Moi Moi » mâtiné de « Vous êtes tous beaux, nous sommes tous magnifiques » ; moins de franchise ; plus de Vérité et plus de Jésus.

 

Merci néanmoins aux Grandes Histoires de m’avoir laissé le micro (même si vous ne m’inviterez plus haha). Vous êtes fous. Et vous avez bien raison ! Et j’ai craqué pour Miette (super jeu de mots…).

 

Dernière question : Je peux être franc avec vous ?

Benoît XVI, « Santo Subito » ? Vraiment ? Mais pour qui se prend-on ?


 

La nuit du 31 décembre 2022 au 1er janvier 2023, j’ai eu la chance d’assister à une messe à 23h dans une église parisienne (saint Philippe du Roule) pour fêter le Nouvel An (pendant qu’autour de nous, c’était un peu/carrément la guerre civile…). Et à l’issue de la messe, il y a eu un petit pot organisé par la paroisse. Le curé de la paroisse – hyper gentil et paternel au demeurant – s’est fendu d’une prédiction qui, à ses yeux, sonnait « prophétique », face à l’imminence de la mort de notre pape émérite Benoît XVI (le dernier doudou qui rattachait les tradis pas encore sédévacantistes à l’Église Catholique romaine post-conciliaire…) : « Mon petit doigt me dit que le pape Benoît XVI va être déclaré ‘Santo subito’ et qu’il ira directement au Ciel… ».
 

J’ai souri poliment, sans rien dire. Car je suis de ceux qui le souhaitent évidemment pour son âme, et qui comprends qu’on puisse le souhaiter pour une personne, et a fortiori pour un souverain pontife. Mais ce gnosticisme « sanctificateur/bétaificateur » assuré – celui qui dit « Je sens » ou « Je sais » ou « J’ai l’intuition » voire « C’est une évidence », que « Untel est saint ou va aller au Paradis avec une fusée »… alors que concrètement, on n’en sait rien – me dérange.
 

Je le trouve déplacé quand il surpasse l’émerveillement et la joie simples. Car il sent le frétillement orgueilleux et l’auto-contentement de ceux qui jouent les prophètes (pour s’autoglorifier discrètement au passage à travers le poulain qu’ils défendent, à travers leur idée de la « communion des saints » aussi), qui jouent les juges à la place de Dieu. Comme si la sainteté fonctionnait comme un match de foot, avec le club de supporters scandant « Santo Subito ! » ou un numéro (une note, un avis : le 16, tiens !), comme le Golden Buzzer ou le « Million ! » des jeux télévisés (« Si vous voulez que Benoît soit déclaré saint, tapez 1 ; si vous voulez sauver François, tapez 2. »), comme les pom-pom girls (« Je vous donne un S, je vous donne un A, je vous donne un N, je vous donne un T…), ou comme la cérémonie des Oscars hollywoodiens mais à la sauce vaticane (l’Humanité pieuse décerne des prix et des couronnes, des victoires et des éternités, à titre posthume : les saints vivants, en revanche, rien à foutre…), ou comme un diagnostic de tribunal (pensons à tous les procès en canonisation/béatification et à toutes les enquêtes et dossiers en cours, où on défend par exemple Robert Schuman, ou son petit prophète local incompris, ou bien encore son fiston : c.f. la sainteté-caprice de la maman de Carlo Acutis, le soi-disant « saint geek ») ou comme une campagne électorale (avec manif, banderoles, et tout le bordel).
 

La sainteté devient un folklore, un concours, l’objet de toutes les convoitises humaines, parfois un chauvinisme/patriotisme. Je connais même des catholiques qui, en toute sincérité, se sont lancés dans la course d’endurance de la sainteté tête baissée, en affichant leur prétention à l’obéissance, en se filmant ou en faisant des vœux/promesses publics de sainteté. La FRANC-maçonnerie catho, quoi. La tentation gnostique et carriériste « Je le savais. » ou « Dieu fera de moi un grand/petit saint. ». Mais qui décide ? La sainteté, est-ce un avis ou une ferveur ou un souhait populaire? Un vote du public ou un vœu personnel ? Rien de tout ça. C’est Dieu qui décide/élit, et l’Homme qui dispose.
 

Cette saintetémania est en réalité un détournement pervers de la ferveur piétiste largement répandu chez les catholiques aujourd’hui, qui prend la forme du pronostic ou de l’hommage hystérique (genre l’entrée « triomphale » de Jésus à Jérusalem juste avant sa crucifixion) ou de la promesse aux atours d’humilité, d’imitation fidèle et obéissante au Christ, de Ciel… alors qu’elle est une forme subtile de mondanité. Plusieurs grands saints de l’Église Catholique en ont fait les frais un peu avant leur mort : Jésus en première ligne ; mais aussi saint Antoine de Padoue, que le peuple italien appelait « le saint » alors qu’il n’était pas encore décédé.
 

Le commerce de la sainteté a été dénoncé et étrillé avec véhémence par Jésus lui-même… alors même que lui méritait objectivement le titre de « Saint des saints », en plus ! À trois reprises en particulier dans les Évangiles, Jésus-Christ a dit « merde » à ceux qui, verbalement ou même fiduciairement, ont cassé leur tirelire pour l’élever au rang de saint. Il les a remis à leur place, tout en renonçant à la place qui lui était due :

– c.f. l’épisode de la groupie hystérique (Lc 11, 27-28) : « Tandis que Jésus parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit : ‘Heureux le sein qui t’a porté ! Heureuses les mamelles qui t’ont allaité !!’ Et il répondit : ‘Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent !’ ».

– c.f. l’épisode du notable (Lc 18, 19) : « Un chef interrogea Jésus, et dit: Bon maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? Jésus lui répondit : ‘Pourquoi m’appelles-tu bon ? Il n’y a de bon que Dieu seul.’ ».

– c.f. l’épisode de Judas livrant Jésus pour 30 pièces d’argent (Mt 26, 15), et surtout (et ça, personne ne le rappelle) parce qu’il a voulu sanctifier par lui-même et humainement/ecclésialement son Maître. Jésus lui a très probablement rétorqué : « J’en veux pas, de ta couronne en or 30 carats que tu essaies de m’attribuer, de ta sainteté ‘jet set’, de ta gloriole messianiste et millénariste mondaine ! Ton ‘SANTO SUBITO’, tu peux te le garder. ».
 

La sainteté n’est pas un concours, ni une performance, ni même un titre validé et décerné par l’Église (commission d’experts ecclésiastiques et de juges canoniques appelée pompeusement « Esprit Saint ») ou le Pape. Elle n’est pas une reconnaissance, fût-elle ecclésiale : elle est tout simplement et uniquement Jésus (qui lui-même se cache encore et cache sa sainteté). Alors, à son sujet, comme disait ma maman, « poupoune » !

Ma lecture et mon analyse du roman Père Elijah à Jérusalem de Michael O’Brien


 

Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas posé une soirée entière chez moi, dans mon lit, sans écran ni ordi ni télé, pour lire un livre ! Et il me restait le 3e volet de la trilogie des Père Elijah (après La Librairie Sophia, Père Elijah, une Apocalypse) à lire : Père Elijah à Jérusalem.
 

J’en attendais beaucoup. En particulier par rapport au projet d’installation de l’Antéchrist (le diable humanisé décrit par saint Jean dans l’Apocalypse, ou encore par le prophète Daniel dans l’Ancien Testament) en Terre Sainte et sur le trône des trônes : celui du Messie/de Jésus dans son Temple Saint, à savoir le sanctuaire du Troisième Temple de Jérusalem, sur le Dôme du Rocher et l’actuelle Esplanade des Mosquées. Et j’avoue que dans Père Elijah à Jérusalem je n’ai pas appris grand-chose ni de scoop (contrairement au Père Elijah, une Apocalypse) concernant le déroulement des Fins dernières, et que je suis assez déçu.
 

Je ne décrirais donc pas cette lecture comme incontournable. Elle m’apparaît plus comme du réchauffé, une suite forcée et bavarde du Père Elijah, une Apocalypse (suite qui fait plein de digressions narratives qui sont plus au service de la fiction émotionnelle visant à prouver une sainteté d’un saint finalement fictif, que de l’information eschatologique urgente et utile à tous), et un prophétisme dont l’excès est même dénoncé à la fin par le héros lui-même : en effet, le père Elijah fait son mea culpa de s’être orgueilleusement pris, lui et son ami Enoch, pour les résurgences vivantes des « deux témoins » défiant l’Antéchrist annoncés dans L’Apocalypse de saint Jean. « Mon petit frère [Enoch] est mort ! Je l’ai tué. Dans mon orgueil, je l’ai tué car j’ai cru que nous étions les deux témoins ! » Orgueil faussement humble et saint, quand tu nous tiens !
 

Néanmoins, ce roman a toujours, comme les deux autres volets qui l’ont précédé, le mérite de nous ouvrir un peu plus à la compréhension des Fins dernières, des Signes des Temps, de nous mettre en appétit par rapport aux grandes prophéties eschatologiques (Akita, Daniel, Ezékiel, Élie, l’Apocalypse, Jésus…), de réveiller notre courage à affronter l’Antéchrist et notre goût du prophétisme et du martyre. C’est aussi une bonne photographie des tensions religieuses en Terre Sainte et de la corruption de l’Église-Institution catholique. Et quand je parle de « réveil », c’est parce que la lecture du Père Elijah à Jérusalem, même si elle s’enlise dans des longueurs narratives qui ne donnent aucune info prophétique de première main sur les Fins dernières, a eu le mérite de me donner envie d’écrire un nouveau prochain livre centré précisément sur l’Antéchrist et la Franc-Maçonnerie (encore meilleur que Homo-Bobo-Apo !), qui s’intitulera sans doute Comment démasquer la Franc-Maçonnerie et l’Antéchrist (surtout en soi-même, et ensuite dans l’Église et dans le Monde), avec pour sous-titre Dictionnaire des Codes apocalyptiques. Et ça, ce n’est pas rien ! Le plan détaillé de ce prochain livre m’est apparu en détail tout seul ! Alléluia !
 

Enfin, pour terminer, je vous ai sélectionné les seuls passages dignes d’intérêt que j’ai relevés dans Père Elijah à Jérusalem. J’en ai vus 7 :
 

– Concernant la manière dont le clergé et les fidèles catholiques vont se sentir faussement reconnus par l’Antéchrist et vont donc adhérer à sa Nouvelle Religion mondiale : « Parmi les musulmans, le Président [l’Antéchrist] était sérieusement considéré comme le grand prophète longtemps attendu, l’imam Mahdi. Parmi les juifs, les hommes instruits et les leaders spirituels, il éait le messie enfin venu. De nombreux hindous croyaient qu’il était Krishna dans une nouvelle incarnation annoncée de leur dieu suprême, Vishnou. Certains bouddhistes citaient l’enseignement de leur maître selon lequel un autre après lui viendrait qui vaudrait dix mille Bouddhas. Pour les adeptes du Nouvel Âge post-chrétien, il était la venue du Christ Cosmique. Pour les laïques, il était le plus grand être humain dans l’histoire des espèces, catalyseur auto-actualisé et facilitateur de l’évolution de l’homme. » (p. 33) ; « Derrière, des dizaines de piédestaux avaient été érigés le long du Mur et des employés s’affairaient pour terminer d’installer les derniers. Au sommet de chacun, un grand symbole doré représentait une religion du monde : un bouddha assis, une memorah, une roue du dharma, un lotus avec une flamme à l’intérieur, un croissant de lune avec une étoile, le yin et le yang, et ainsi de suite – et près du bout à gauche, une simple croix. À côté se trouvait ce qu’Elijah prit d’abord pour une Étoile de David, le Maghen ou bouclier de David. Puis il remarqua un cercle autour de l’étoile à six branches, ce qui en symbolique occulte en faisait un hexagramme entouré de l’anneau magique du pouvoir. De l’autre côté de la croix se dressait la sculpture d’un bouc qui s’élevait ou se métamorphosait à partir du corps d’un poisson. Tandis que l’un après l’autre on érigeait ces symboles, Elijah n’en reconnut presque aucun. » (p. 237).
 

– Concernant la bombe atomique en Iran : « Le Jour 4 : Le Président s’envole pour Téhéran où il rencontre les leaders d’Iran et d’Amérique. L’arrêt du projet d’armes atomiques et le désarmement de tous les groupes terroristes seront annoncés. Normalement des relations entre les deux nations. » (p. 37).
 

– Concernant le zoroastrisme en tant que « Nouvelle Religion mondiale » soi-disant « originelle » et « Mère des autres religions » : « Le Président cherche à éliminer les différences qui divisent l’homme en posant pour principe que toutes les religions sont des préfigurations imparfaites. Et il orientera l’humanité vers une nouvelle source unique de transcendance. » (p. 62).
 

– Concernant le Troisième Temple de Jérusalem : « Le Mur est un prélude, un prélude essentiel. Le jour suivant, le huitième jour, le Monde entier y participera. L’Esplanade du Temple deviendra la fondation du nouveau Temple, en quelque sorte, afin que toute l’humanité soit libérée pour adorer en esprit et en vérité. » (Archevêque collabo, p. 126) ; « La bête qui joue à l’agneau approche du sanctuaire pour le détruire et prendre le trône de Jésus, le véritable Agneau de Dieu. Elle réussira pour un temps à obscurcir la lumière du Ciel dans de nombreux lieux. » (p. 145).
 

– Concernant le danger du pacifisme mondain prôné et incarné par l’Antéchrist : « Ce boss du Monde réalise des choses que mon peuple a toujours ardemment désirées. Tout le monde en ville croit que le moment est venu où la souffrance arrive à son terme. Plus de terroristes, plus d’intifada. Seulement la paix ! Et maintenant tout le monde va vivre ensemble et sera heureux. J’ai jeté beaucoup de pierres quand j’étais jeune et je le regrette. Ils disent qu’il n’y aura plus de pierres, plus de gaz lacrymogènes en pleine figure. Plus d’enterrements d’enfants. Mais j’ai de mauvais pressentiments. Je pense qu’il n’est peut-être pas un homme bon. C’est fou, je sais. Peut-être que je suis fou. » (Amal, p. 197).

Petite analyse symbolique de la Marque de la Bête apocalyptique dans les 30 portraits des prétendantes au titre de Miss France 2023

Comme je l’avais fait pour les précédentes éditions du concours de beauté Miss France, qui est une émission particulièrement intéressante pour comprendre la Fin des Temps et vers où Lucifer et son Gouvernement Mondial antéchristique veulent nous conduire (sous prétexte de « beauté »), et surtout pour voir combien la prophétie de saint Jean dans le livre de l’Apocalypse (la fameuse Marque de la Bête décrite dans Ap 13, 18, sur la main ou le front des êtres humains juste avant l’arrivée de Jésus) est sur le point de se réaliser, voici les 3 points forts que j’ai relevés dans les portraits des 30 Miss régionales 2023 et montrant l’avènement imminent de la Nouvelle Religion mondiale et de la Marque de la Bête :
 
 
1 – D’ABORD, L’OMNIPRÉSENCE DES ANIMAUX :
 

Plusieurs Miss régionales, dans leur portrait, soit s’affichent avec des animaux (le cygne et le castor pour Miss Alsace, le canard pour Miss Limousin, l’oiseau pour Miss Calédonie, les papillons pour Miss Saint-Martin-Saint-Barthélémy, le cheval pour Miss Picardie, etc.), soit se comparent à ces derniers ou sont interrompues par eux. Par exemple, quand Miss Midi-Pyrénées se présente (elle dit « Bonjour, Je suis Miss Midi-Pyrénées. »), le chien du tournage, « Tyron », l’interrompt en aboyant et la faire éclater de rire. Par ailleurs, quelques Miss mettent en avant leur côté vorace, et appellent leur équipe de tournage à table (Miss Champagne-Ardennes, Miss Normandie, Miss Roussillon) : « On a fini. On va manger ? » (Miss Normandie) ; « Mon péché mignon c’est la gourmandise. » (Miss Roussillon). Enfin, toutes les Miss sont emmitouflées dans un plaid poilu en fourrure pour ne pas attraper froid, plaid qui est fréquemment montré à l’antenne.
 
 
2 – ENSUITE, L’OMNIPRÉSENCE DE LA MARQUE :
 

À vos marques, prêtes ? Partez ! Les Miss régionales portent en général une Marque (un objet fétiche à valeur spirituelle et identitaire) qu’elles défendent comme si celle-ci était elles. C’est Miss Alsace – la première à passer – qui donne le coup d’envoi en parlant de « marque », de « cadenas »… et toujours en référence à un animal ! Les autres candidates insistent beaucoup sur leurs inscriptions, leurs marques/enregistrements, leur identifiant numérique : l’adjectif « inscrite » revient souvent (Miss Bourgogne, Miss Bretagne, Miss Rhône-Alpes…). Parfois, elles s’identifient à une marque qu’elles exhibent clairement (la tache sur la robe de Miss Aquitaine, le nœud dans le dos de Miss Picardie, les fleurs sur la tête ou dans les mains…), et qu’elle portent en général proche de la main ou du front (la bague porte-bonheur de Miss Guadeloupe, l’insistance sur la prise de gorge de Miss Bretagne, Miss Languedoc se définissant comme « une vraie Miss Caméléon qui aime prendre les choses en main » et qui montre ses poignets en croix façon Wonder Woman à laquelle elle se compare : jolies bêtes ligotées).
 

Alors bien sûr, comme les années précédentes, la Marque (commerciale et vestimentaire) la plus utilisée, ce sont les chaussures Doc Martens (les Miss font partie d’un commando en dentelles)… mais, en plus de la main et du front, c’est prioritairement dans le cœur humain que la Marque s’inscrit : il y a plusieurs Miss qui emploient l’expression « me tenir à cœur » (Miss Alsace, Miss Nouvelle Calédonie…). Cette Marque des Miss ressemble même parfois au 666 : « C’est parti pour le plan marelle ! » (Miss Franche-Comté).
 

 
3 – ENFIN, L’ADORATION POUR LA PASSION :
 

Comme je l’ai expliqué dans mon livre Homo-Bobo-Apo (2017), la Marque de la Bête de l’Apocalypse sera 4 choses : 1) le 666 porté sur la main ou le front sous forme de puce électronique RFID ; 2) l’hétérosexualité (culte des différences) ; 3) l’humanisme intégral (les valeurs du Christ mais sans le Christ) ; 4) la passion (et non la Passion du Christ sur la Croix), à savoir nos goûts et désirs humains.
 

Les Miss obéissent tout à fait à ce culte inconscient pour la Bête et sa Marque : beaucoup d’entre elles utilisent des noms communément attribués à la Bête, tels que « fierté » (Miss Limousin, Miss Pays de Loire, Miss Provence) et bien sûr « passion(s) » (Miss Champagne-Ardennes, Miss Corse, Miss Côte d’Azur, Miss Guadeloupe, Miss Provence…). Et ça constitue un véritable culte, une nouvelle religion. L’expression « J’adore » ou le verbe « adorer » est comme par hasard sur toutes les bouches ! (Miss Guadeloupe, Miss Lorraine, Miss Midi-Pyrénées, Miss Nord-pas-de-Calais, Miss Roussillon, Miss Saint-Martin-Saint-Barthélémy).
 

Pour terminer, j’ai relevé quelques symboles typiquement francs-maçons à travers les portraits : le triangle vanté par Miss Limousin, les deux colonnes entourant Miss Rhône-Alpes, et le ponton des ostréiculteurs sur lequel pose Miss Poitou-Charentes.
 

 
PRONOSTICS :
 

Oh ! Et j’oubliais le principal ! : mon pronostic, c’est que c’est Miss Languedoc (Cameron Vallière) qui va gagner et sera Miss France ! Et, dans les finalistes : Miss Auvergne, Miss Côte d’Azur, Miss Martinique, Miss Nord-Pas-de-Calais, Miss Picardie, Miss Réunion, Miss Rhône-Alpes, Miss Roussillon.

Film « Close » (2022) de Lukas Dhont : l’instrumentalisation du mal-être adolescent en vue de promouvoir l’homosexualité


 

Je suis allé voir hier soir le film « Close » (2022) de Lukas Dhont, encensé à Cannes, traitant de l’homosexualité adolescente, naissante mais non réciproquement assumée, entre deux adolescents, Rémi et Léo.
 

Ce film m’a choqué par ses incohérences qui, plus que des inexactitudes ou des maladresses, dénotent d’un irrespect, d’une usurpation et d’une instrumentalisation des personnes fragiles telles que les personnes homosexuelles, les adolescents, les personnes suicidaires et leurs proches parents, à des fins purement sentimentales et idéologiques. D’où mon impression que ce genre de productions sont des orchestrations – perverses voire pédophiles (bien que sincères et bien-intentionnées) – d’esprits déconnectés des réalités qu’ils dépeignent et projetant leurs propres fantasmes d’adultes sur des enfants sans défense. Et visiblement, les spectateurs trouvent ça « beau », « normal », « réaliste », et ne s’en offusquent même pas.
 

Parmi ces invraisemblances de « Close » (film au titre terriblement vrai au final : quelle fermeture et vision étriquée du réel que celle de son réalisateur Lucas Dhont !), j’ai relevé :
 

– que jamais on ne verrait dans la réalité deux ados se toucher en plein cours ou se caresser l’un l’autre face aux autres (comme le font Rémi et Léo). Les vrais ados, et d’autant plus des garçons, ont trop peur de la présomption d’homosexualité qui pèserait sur eux et de l’humiliation associée à celle-ci pour offrir aux regards d’autrui des manifestations d’affection masculine assumée. Dans la vraie vie, les pré-adultes sont terrorisés à l’idée d’être démasqués dans leur bisexualité : ils bannissent les gestes ambigus, les marques d’attention trop appuyées (genre Rémi qui vient voir Léo jouer au hockey et qui lui parle à travers la vitre alors que ce dernier est face à tous ses camarades). On ne verrait tout simplement pas ce jeu d’acteurs grossier entre Rémi et Léo.
 

– que jamais on ne verrait dans la réalité deux ados de 13 ans revendiquer fièrement d’être en couple et d’être amoureux (Si ça existe, qu’on me présente ce duo de collégiens extraterrestres !). Dans l’adolescence, l’homosexualité ne surgit pas par le chemin de la sensualité ni des sentiments. Au contraire : elle n’est pas assumée, est en générale instinctive, mécanique, cachée, pulsionnelle et accidentelle, incontrôlée, maladroite, dénuée de romantisme et de sentiments assumés. Les adolescents ne romancent pas, ne sentimentalisent pas ce qu’ils vivent au niveau affectif et physique, tout simplement parce qu’ils se projettent moins que les adultes et n’ont pas les moyens de penser ce qu’ils vivent. Ils ont rarement des chagrins d’Amour, des histoires d’Amour passionnelles et sérieuses. Donc le « couple » Léo/Rémi est improbable. On n’y croit pas une seule seconde.
 

– que jamais on ne verrait dans la réalité un deuil pour un suicide vécu comme il est singé dans le film. Les tentatives de suicide d’ados sont liées en général aux réseaux sociaux ou à la réputation dite « honteuse » d’homosexuel : pas aux histoires d’Amour ni aux sentiments amoureux homosexuels assumés (comme c’est représenté entre Rémi et Léo). Le deuil n’est pas non plus vécu ainsi de la part de l’amant qui reste : car s’il le porte de manière trop ostentatoire, il sera perçu comme suspect, apparaîtra à ses yeux comme un aveu d’homosexualité (qu’à cet âge les jeunes hommes n’assument jamais fièrement et n’affichent jamais) ou un aveu de complicité au suicide de l’absent. Jamais on ne verra le principal suspect du suicide d’un ado débarquer à l’enterrement de ce dernier, comme le fait Léo pendant l’enterrement de Rémi : logiquement, Léo aurait dû être rongé par la culpabilité, ou avoir peur d’être accusé par les parents de Rémi, susceptibles (vu leur chagrin) de lui imputer la faute, du suicide. Dans le film, bizarrement, les parents de Rémi ne cherchent même pas d’explication ni de coupable au geste malheureux de leur fils : on n’a droit qu’au désespoir passager du père, au silence stoïque de la mère, à l’acceptation molle et résignée de l’incompréhensible (la maman de Rémi ne demande qu’au bout d’une semaine à Léo quelle était la nature de leur relation entre son fils et lui… : la question arrivera bien tard). Normalement, dans la vie réelle, il n’y a pas que de la tristesse de la part des parents d’un enfant suicidé : il y a aussi de la révolte, de la colère, de l’incompréhension, une forme de « folie du désespoir ». Des parents de suicidé cherchent toujours un coupable… quitte à retourner leur veste ou à tordre le cou à leur habituelle bienséance avec les relations amicales entourant leur enfant. Dans le film, au contraire, les parents de Rémi accueillent Léo et ses parents tranquilou bilou à leur table. Ils ne mènent pas leur enquête. Alors que tout porte à croire que le suicide de Rémi s’explique par un chagrin d’amour ou au moins un sentiment de trahison amicale. Sans compter que dans la réalité, un suicidé, a fortiori adolescent, explique toujours son geste par une lettre, par une théâtralisation ou une dramaturgie bien marquée, et n’emporte pas le secret de ses intentions dans sa tombe (comme le fait Rémi). Idem concernant la scène de cellule psychologique dans « Close », absurde et improbable tant tout le monde dans le collège sait qu’elle devrait logiquement s’adresser en priorité à Léo et pas à tous les élèves de la classe de Rémi (on voit juste une timide proposition d’accompagnement personnalisé d’une CPE à l’adresse de Léo, alors que la relation de causalité et de proximité entre Léo et Rémi est évidente pour tous). C’est vraiment du n’importe quoi. Et je ne relèverai pas la grossièreté de la toute dernière scène du film où Léo est invité à lâcher son bâton de haine tendu contre la mère de Rémi (le fameux et très cinématographique « Lâche ton arme Bobby » des plus mauvaises sitcoms, qui s’achève évidemment dans les larmes d’impuissance et de craquage du fautif = Ridicule).
 

Bref, ce film est un tissu de mensonges et de sincérités fausses, prouvant la méconnaissance – de la part des réalisateurs et finalement aussi d’une grande partie du public – de la réalité du deuil, des ados, du suicide chez les ados, de la réaction habituelle des parents d’enfant suicidé, de l’homosexualité : alors que ça s’habille d’hommage, ça frise paradoxalement la totale incohérence et l’irrespect. Alors autant vous dire que je sors de ce genre de navets cinématographiques furax et en ayant envie soit d’exploser de rire face au grotesque, soit de rage de voir comment les souffrances sont niées par l’idéologie pro-gay qui fait du mal-être adolescent son fond de commerce et sa vitrine émotionnelle victimisante d’homosexualité. C’est gerbant. Aussi gerbant que la non-dénonciation de la contrefaçon. Donc un conseil : devant « Close », close your eyes.

La Marque de la Bête sera une mon(s)tre


 

Voici un nouveau Journal de l’Antéchrist, dédié à la Marque de la Bête (Apo 13, 17).
 

Ça y est! Je l’ai trouvée, la Marque de la Bête ! Le 666 décrit par saint Jean dans l’Apocalypse. Je ne sais pas pourquoi je n’y ai pas pensé avant. Mais c’est le cadran d’une montre ! Elle aura l’apparence d’une montre. Comme tous les Google Watch et l’internet à portée de main (on nous parle même de « banque mobile » en ce moment !). Pourquoi 666 ? Parce qu’en additionnant ou en soustrayant les 3, 6, 9 et 12, on tombe sur trois fois 6. Par ailleurs, l’heure bloquée traditionnellement sur 10h10 dans les publicités de montres forme le compas maçonnique. Et la figure du sablier forme le « X » qui est l’anti-Croix du Christ, la marque de l’Antéchrist (Je ne vous raconte pas de salades : mon mémoire de Master 2 sur le poète homo argentin Néstor Perlongher en 2005, je l’ai consacré spécifiquement à la figure symbolique du sablier !). Tout ça pour dire que je crois que la Marque de la Bête sera, je pense, une montre. Entre « montre » et « monstre », il n’y a qu’une lettre…
 

Par ailleurs, voici un autre avant-goût de la Marque de la Bête : l’application gouvernementale « FR-ALERTE ». Pour nous téléguider à distance par la peur et par l’instinct de survie, à coups de notifications et de signaux d’alerte, comme des bêtes, et pour semer la confusion entre les vrais dangers et les faux, les fausses « guerres » et les vraies. C’est vraiment diabolique.
 

 

Autre info en lien avec l’article que j’avais écrit sur le phénomène des enfants bestiaux et possédés dans la franchise mondiale des music-hall X got Talents, je viens de voir le cas de Liberty Barros, contorsionniste de 14 ans, qui joue l’araignée et la gamine de l’Exorciste, devant les Espagnols. CQFD.
 

 

Et pour terminer ce journal de l’Antéchrist, un ami catho m’a demandé comment faire pour démasquer l’infiltration de la Franc-Maçonnerie dans l’Eglise Catholique, et si j’avais écrit là-dessus. Je lui ai répondu : « Finalement, c’est assez simple pour détecter les francs-maçons (que nous sommes tous sauf Jésus et Marie) dans l’Église : ce sont ceux qui gagnent leur vie et leur salaire/pouvoir sur le dos de l’Église alors qu’Elle est censée leur faire perdre la vie et leur honneur (même d’être saints !). »

Message à Patrice de Plunkett et à tous les justicialistes actuels dans l’Église Catholique suite à l’Affaire Santier


 

Je tombe par hasard sur le partage Facebook d’un article du journaliste catholique Patrice de Plunkett, fait par une amie qui a l’air d’être super d’accord avec ce dernier et son appel à une sélection plus radicale des meilleures pommes épiscopales de l’Église et donc à un nettoyage/éviction des pommes « pourries ». Mais cet article m’estomaque et me met tellement en colère que je décide de taper du poing sur la table (je n’avais rencontré ce blogueur qu’une seule fois, il y a une dizaine d’années, furtivement, et même si je n’ai jamais trouvé ses articles d’un prophétisme et d’une utilité de fou, jusque-là, je n’avais rien dit. Sans doute parce que j’aimais son côté catholique de gauche. Mais bon, ce n’est pas parce qu’on est de gauche chrétienne qu’on ne peut pas écrire de conneries…).
 

Voici l’article de Patrice de Plunkett « traitant » de l’Affaire Santier (en réaction au déterrement récent de celle-ci par le : Mgr Santier, ancien évêque français de Créteil, avait pratiqué notamment ce qu’on pourrait baptiser des « strip-confessions » avec des hommes adultes) :
 

« AFFAIRE SANTIER : QU’ATTEND-ON POUR RÉFORMER LE DROIT CANONIQUE ET LE PROCESSUS DE NOMINATION DES ÉVÊQUES ? Ma chronique à ‘Radio Présence’ (Toulouse Midi-Pyrénées) et ‘Radio Fidélité Mayenne’) : << Un an après le rapport sur les abus sexuels dans l’Eglise, voici l’affaire de Michel Santier, ancien évêque de Créteil en région parisienne, sanctionné par Rome en 2021 pour des faits commis lorsqu’il était prêtre du diocèse de Coutances dans les années 1990 : des faits restés ignorés pendant trente ans. Il s’agissait, je cite, ‘d’abus spirituels ayant mené à du voyeurisme sexuel sur deux jeunes hommes’. En clair : Michel Santier avait perverti le sacrement de confession. C’était une profanation délibérée : quelque chose de glaçant de la part d’un prêtre. Les abus sexuels par des prêtres sont indissolublement des outrages (ou des crimes) envers les gens et des sacrilèges envers le Christ, sacrilèges dont la gravité est infinie puisqu’ils sont commis par des hommes ayant reçu le sacerdoce ! Les fidèles ne comprennent pas ou n’admettent pas – et le disent de plus en plus – que ces monstruosités n’entraînent pas automatiquement la suspension 'a divinis' et la privation de tout ministère. Il y va de la crédibilité même de cette Eglise dans sa mission de témoignage ! Au lieu de ça, on apprend que le coupable avait accepté de devenir évêque en 2001 malgré ce qu’il avait commis ; on apprend qu’il fallut attendre 2019 pour qu’un dossier à son sujet soit transmis à Rome ; et on apprend qu’en 2020, la sanction romaine fut simplement d’obtenir sa démission et de l’envoyer comme aumônier en 2021 dans une communauté religieuse… Le tout dans la plus grande discrétion, comme d’habitude. Résultat : le scandale explose un an après, et il est ravageur. Les victimes de Michel Santier à Coutances se manifestent enfin. Ses diocésains de Créteil et le vicaire général se sentent trahis rétrospectivement. Le dégoût, la colère, la tentation de tout abandonner, montent chez les fidèles catholiques. Et maintenant ? Une fois de plus les évêques demandent pardon et expriment leur compassion envers les victimes. Mais vraiment, ça ne suffit pas ! Ce que les fidèles sont en droit d’exiger, c’est que l’Eglise prenne des mesures enfin proportionnées à l’ampleur du mal : il faut la démission immédiate (volontaire ou forcée) de ceux des prêtres ou évêques qui auraient des actes pareils à se reprocher. Il faut de vraies enquêtes sur le passé des futurs évêques. Et il faut dans ce genre d’affaires des sanctions canoniques rapides, radicales, et expliquées franchement au public. La Conférence épiscopale promet une fois de plus d’affronter ce problème ? Attendons et voyons. Mais maintenant la coupe est pleine. >> ►Plus à lire dans mon blog : plunkett.hautetfort.com »
 

À la lecture de cet article, ce que je constate, globalement (donc dans l’Église Universelle/Catholique actuelle, et en écoutant l’attitude des catholiques tous bords et tous rangs ecclésiaux confondus), ce sont trois choses :
 

1) La première, c’est la TENTATION JUSTICIALISTE (ou millénariste) face à la découverte progressive du déclin, de la dégringolade, de la corruption et de la mort imminente de l’Église Catholique humaine. En effet, au lieu de nommer le problème que seulement on devine, on se contente de l’accuser et de le dénoncer « de loin », de manière complètement imprécise, extériorisée à soi, dépersonnalisée, offusquée et haineuse, en jetant l’opprobre à une hiérarchie-fantôme, un système, un « pouvoir », une bureaucratie (« irresponsable mais tellement coupable » !), à coup de « Y’a qu’à/faut qu’on » et de « C’est de la faute à la formation, aux chefs qui nous gouvernent, à l’absence d’exigence et de justice dans la sélection/nomination des évêques… donc la solution, c’est notre endurcissement et notre intransigeance qu’on appellera orgueilleusement ‘justice, pureté, assainissement, non-choix et mesures d’urgence pour enrayer la crise ecclésiale’, car ‘la coupe est pleine’ ! ». Je rappelle à ces « lanceurs d’alerte » catholiques de pacotille jouant les justiciers, que l’état de corruption, d’infestation (satanique, franc-maçonnique, sexuelle et homosexuelle – et pas seulement pédéraste/pédophile) est tel dans l’Église que seuls désormais les anges de Jésus seront capables de démêler le bon grain et l’ivraie dans cette Église des Fins dernières, et qu’à moins de parler en Vérité d’homosexualité dans l’Église (plutôt que de se cacher derrière la pédophilie et les abus sexuels), leurs actions/dénonciations justicières resteront vaines autant que dangereuses car elles empirent la situation. Il faut nommer le mal et/ou ses conséquences. Sinon, on n’a rien à faire en salle d’opération. On empêche même les chirurgiens qualifiés d’opérer.
 

2) La deuxième chose que je constate dans le traitement et les réactions de l’Affaire Santier, c’est L’HOMOPHOBIE dans l’Église Catholique (une homophobie grandissante, et qui ne se résoudra vraisemblablement jamais dans un temps humain, étant donné le déni et la mauvaise foi des catholiques actuels à reconnaître l’homosexualité comme un sujet prioritaire à traiter). Un ami récemment me faisait la remarque que dans les articles du Journal du Dimanche mais aussi les réactions des quelques rares blogueurs ou journalistes cathos qui s’aventurent à commenter l’Affaire Santier (affaire, je le rappelle, qui relève objectivement et factuellement de l’homosexualité sacerdotale et non de la pédophilie sacerdotale ni de la CIASE ni des abus sexuels – sous-entendus « sur mineurs »), paradoxalement, le mot « homosexualité » n’est jamais prononcé. À aucun moment. Ah ça, pour se gendarmer, ça se gendarme ! Ça tire la sonnette d’alarme ! Mais pour quoi, au juste ? Et à quoi bon, si c’est pour « cacher l’objet d’indignation par l’indignation elle-même » (comme disaient Élisabeth Lévy et Philippe Muray). Je me suis juste contenté de répondre à cet ami : « Ça s’appelle l’homophobie. » Et l’homophobie, c’est le principal poison dont mourra l’Église Catholique terrestre. Car celle-ci ne se risquera jamais à parler d’homosexualité (et encore moins d’homosexualité sacerdotale). Jamais. Comment puis-je en être aussi sûr ? Le traitement dont je fais l’objet, et l’indifférence générale à l’égard de mes travaux, en sont l’illustration vivante. Et le cléricalisme – en ces temps de grande crise ecclésial – arrive à son paroxysme. Donc jamais les catholiques n’accepteront de voir le sacerdoce et le Christ en personne salis par l’homosexualité.
 

3) La troisième et dernière chose que je vois, c’est LE CHEMIN INTÉRIEUR MAGNIFIQUE DES PRÊTRES PÉCHEURS. Chemin dont ne parleront jamais ces journaleux « catholiques », de gauche comme de droite, et a fortiori d’extrême droite, très tentés de mettre l’homosexualité sacerdotale sur le dos du pseudo « progressisme/modernisme du Concile Vatican II ou du pape François » ou des « abus sexuels » sans jamais la nommer « homosexualité »… ou alors, quand ils la nommeront « homosexualité », ce sera pour l’extérioriser à eux-mêmes, pour la diaboliser, et en vue de l’éradiquer définitivement de l’Église, devenue à leurs yeux un abominable « cloaque d’impuretés » (pour citer la Vierge Marie à la Salette), voire même « la principale Maison de Satan déguisé en Christ ». Ce que j’aimerais dire à ces justiciers cléricalistes et nostalgiques de carnaval, c’est qu’ils n’ont rien compris à la Bonne Nouvelle se cachant derrière l’homosexualité, et même derrière l’homosexualité sacerdotale et plus globalement le péché acté (de plus en plus massivement). Ils l’abordent comme un drame, une catastrophe, une occasion de se désespérer ou de haïr les prêtres et leur Église, de récriminer contre cette dernière en jouant les prophètes millénaristes (« On vous l’avait bien dit que c’est bientôt la Fin !!! »). Ils n’ont rien compris. Ils ne voient pas ce qui se passent en coulisses, ou dans les cœurs. Ils en appellent à une épuration drastique du clergé (dans les séminaires, à la Curie, dans les Conférences épiscopales du Monde entier). Ils jouent les grands ordonnateurs qui vont faire le ménage et virer tous les prêtres/évêques/cardinaux « pervers et détraqués sexuels qui salissent l’image de l’Église ». Mais que savent-ils des retours au droit chemin et des luttes (parfois admirables et saintes) de certains prêtres ou évêques pour rester dans l’Église après leurs chutes ou dérapages homosexuels ? Moi, personnellement, je connais des prêtres qui, par amour de l’Église et par conscience de leur utilité auprès des pauvres et des paroissiens de leur diocèse, beaucoup plus que par carriérisme et utilisation du sacerdoce comme couverture d’invisibilité de leur double vie sacerdotale/homosexuelle, ont décidé de ne pas quitter l’Église. Peut-être même de redevenir chastes après leurs faux pas, leurs écarts. Les prêtres sont humains et pécheurs comme nous tous. Au nom de quoi ils ne pourraient pas se sentir homosexuels, n’auraient pas le droit de rester dans l’Église, ou de revenir au Christ et à leur sacerdoce (même si leur attachement au Christ est lacunaire, pas toujours entier et heureux) ? Au nom de leur statut sacerdotal ? De la pureté de l’Église ? De la lutte contre l’hypocrisie et le péché ? De la gravité de la situation ecclésiale et mondiale actuelle ?? Quel aveuglement et quelle sécheresse de cœurs que les vôtres ! Quand on ne sait pas, on ne juge pas… et surtout surtout, on ferme sa gueule de gros con. Moi, j’admire ces prêtres, ces évêques, ces cardinaux, ces religieuses, ces moines, qui se savent imparfaits, qui luttent contre leurs pulsions homosexuelles, qui regrettent leurs pratiques homosexuelles (même s’ils n’arrivent pas toujours à y renoncer), qui restent dans l’Église car ils aiment le Seigneur et leurs fidèles malgré tout, qui trouvent que leur vie a plus de sens en demeurant prêtres (même si, dans les temps de désert, ils picorent du site de rencontres gays et du « plan cul » sans lendemain et anonyme) qu’en retrouvant la vie civile et en adoptant un style de vie homosexuel (le couple) qui ne les comblera pas. Bien sûr, entre Jésus/l’Église et leurs besoins d’affection charnelle homosexuelle, leur cœur balance. Mais ils penchent plus vers Jésus/l’Église/leur amour de leur sacerdoce et des gens, que vers leur misère affective. Donc je souhaite qu’ils restent prêtres, et je comprends leur choix de ne pas quitter l’Église, d’assumer douloureusement et secrètement la dualité (et parfois la contradiction, l’ambivalence) de leur condition. J’admire et m’émerveille face aux retours réguliers de certains religieux vers la non-pratique et la chasteté. Ils s’accrochent, et c’est beau. Même si personne (sauf Jésus, et peut-être parfois leurs confesseurs) ne le leur dit et ne le voit.
 

Donc à tous les justicialistes affolés et accusateurs actuels dans l’Église Catholique, je serais tenté de dire : « Priez pour les prêtres, soutenez-les et n’empêchez pas le dialogue et la réflexion autour de l’homosexualité ». Et surtout, arrêtez de juger qui vous ne connaissez pas. « Toutes mes ratures et toutes mes impostures, mes excès de folie qui abîment mes nuits, vos regards sur moi, vous qui me jugez vite, vous qui ne me connaissez pas même si, vous dites que oui. Où êtes-vous quand je pleure toutes les nuits ? Quand je crie en silence, quand je tombe dans le vide ? Que mon frigo est vide ? Faites-vous mine de rien voir ? Avez-vous peur du noir ? Ne me jugez pas. C’est trop facile quand on n’sait pas. C’est trop facile quand on n’vois pas. Ne me jugez pas. Ne me jugez pas. […] Mettez-vous à ma place un moment et voyez ce que j’endure souvent. Je n’veux plus faire semblant d’être heureux devant vous. Que ça vous plaise ou non, ben tant pis, je m’en fous. Vous m’aimerez comme je suis… ou peut-être pas du tout. Je m’en fous. Ne me jugez pas. C’est trop facile quand on n’sait pas. C’est trop facile quand on n’vois pas. Ne me jugez pas. Ne me jugez pas. » (c.f. Camille Lellouche « Ne me jugez pas »). Seul Dieu jugera.